Le LXXX Anniversaire de la publication de « Psicología de los Sentimientos »

 

 

 

Cette année de 2006 nous célébrons les 80 ans de la publication à Mexico, en 1926, de la version du docteur Aragón des conférences dictées par Pierre Janet en 1925 à l’Université de Mexico sous le titre de Psychologie des Sentiments.

 

            Le XV è anniversaire de l’Université (héritière honteuse de son prédécesseur,  l’Université Royale et Pontificale, supprimée par le gouvernement libéral au XIX è siècle) fondée en 1910 sous le patronage de celle de Paris, facilita l’invitation de plusieurs savants français par la Société Franco-mexicaine d’échanges culturels et scientifiques (exemple de l’étroite collaboration qu’il y avait à l’époque entre les deux pays). Après le cardiologue Henri Vaquez,  le physiologiste E. Gley (Emile ? Eugène ? je ne puis pas trouver lequel des deux) et le psychologue George Dumas, Janet séjourna au Mexique en août et septembre.

 

            Dans l’Introduction du deuxième volume de « De l’angoisse à l’extase » le célèbre professeur du Collège de France et de la Sorbonne devait souligner que son « cours en dix-huit leçons aux Universités de Mexico, de Puebla, de Guadalajara –entre autres présentations à l’étranger- [avaient] été consacrés à cette étude des sentiments considérés comme des régulations de l’action». Sa visite devait en outre faciliter la fondation d’une première société psychiatrique mexicaine et la création  d’une Chaire de Psychiatrie à l’Université amphitryon.

 

Les chapitres du livre se présentent de la façon suivante :

 

I.                     Définition de la Psychologie.

II.                  La perte de la fonction du réel.

III.                L’action primaire et l’action secondaire.

IV.               L’effort et la fatigue.

V.                  Le travail et le repos.

VI.               Le plaisir et la tristesse.

VII.             La finalité et la fin de l’action.

VIII.          La régulation de l’action.

IX.               Les intérêts sociaux.

X.                  L’inaction.

XI.               L’antipathie.

XII.             La tristesse.

XIII.          La haine.

XIV.          La joie.

XV.            L’amour.

XVI.          L’évolution des sentiments.

XVII.       Quelques appréciations sur l’hystérie.

XVIII.     Le crime par suggestion.

 

           

La traduction du Cours fut publié l’année suivante par la Sociedad de Edición y Librería Franco Americana S.A. (Antigua Casa Bouret y Libro Francés Unidos), maison issue de l’union des deux anciens éditeurs français fort actives au Mexique tout au long de la deuxième moitié du XIX et la première décennie du XIX (le général Obregón y avait publié ses mémoires de guerre !). 

 

            Bien que le volume était cité parmi la bibliographie de Janet établie par C.-M. Prévost d’après la liste des Travaux du Laboratoire de Psychologie de la Salpêtrière, il était devenu introuvable. Ce ne fut qu’en 1980 que je puis trouver un exemplaire à la bibliothèque de l’architecte Oscar O. Aragón, fils de l’aliéniste qui avait été à l’origine de l’invitation à Janet et qui l’avait reçu lors de la solennelle séance à l’Académie National de Médecine où il fut nommé Membre correspondent.  Cette même année j’ai fait publier une re-édition du Cours (avec une Introduction, une bibliographie et des notes) qui mérita un Prologue du Professeur Pierre Pichot.  Les psychiatres mexicains ont pu ainsi connaître cet épisode de l’histoire de la psychiatrie nationale quelque peu oublié. La publication en 1991 de la traduction en espagnol des deux volumes de « De l’angoisse à l’extase » par la maison éditrice Fondo de Cultura Económica, a permis à son tour une majeure diffusion de la pensée janetienne parmi les lecteurs de l’orbe hispanique. Cette même éditorial a publié en 2000 un extrait de « Psicología de los Sentimientos » dans un des petits bouquins de la collection Fondo 2000 avec un grand tirage. De cette façon, le nom et l’œuvre de Pierre Janet restent attachés au pays qui l’a médusé. Il faut se rappeler qu’au balcon de son appartement parisien il cultivait un exemplaire  du peyotl qu’il y avait ramené… 

 

 

Héctor Pérez-Rincón